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Le choix d'une selle

Dernière mise à jour : 27 mars 2022



De nos jours, choisir une selle s'avère tout un casse-tête pour les écuyers et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que cet équipement peut causer des blessures importantes. Ensuite, les avis divergent quant à l’ajustement ou les caractéristiques à privilégier pour le confort et l'optimisation des performances. De plus, la technologie évolue et propose régulièrement de nouveaux produits, tous plus attirants les uns que les autres. Enfin, le marketing génère des tendances "à la mode" qui finissent par passer... 🤯 Comment faire la part des choses?


Est-il mieux d’avoir une selle avec ou sans arçon, ou de monter carrément bareback? Quels sont les matériaux à privilégier dans la fabrication? Comment faire l’ajustement optimal? Une selle peut-elle vraiment aider ou nuire au développement du cavalier et/ou du cheval? Qu’en est-il du rapport qualité-prix?


Malheureusement, il n’y a pas de réponse sans équivoque à ces questions, car tout dépend du niveau du cavalier, de l’éducation du cheval, des objectifs ainsi que des préférences individuelles chacun (sans mentionner le budget!). De plus, il n’y a pas deux individus qui ont la même forme ni les mêmes aptitudes physiques, tout comme il n’y a pas deux chevaux bâtis sur le même moule. Enfin, il est presque impossible qu’une même selle demeure appropriée au fil du temps, car la musculature et les patrons moteurs évoluent en fonction de plusieurs facteurs, dont l’âge et l’entraînement, entre autres. C’est donc dire que, le choix d’une selle, c’est très « personnel » et que "ça dépend" 🤷‍♀️ .


Etes-vous découragé? Moi, oui! J’ai souvent été découragée!

Surtout après avoir étudié toutes sortes de théories contradictoires en « saddle fitting » et investi des milliers de dollars en produits haut de gamme qui se sont avérés décevants.😩 J’ai même acheté un tapis qui démontre les points de pression en mouvement, tout ça pour revenir à la monte à cru! 🤦🏻‍♀️


En première partie de ce blogue, je vous présente donc les principaux éléments à considérer dans le choix de cet équipement, qui seront à évaluer en fonction de VOS besoins, de VOS préférences et de VOS objectifs:


  1. La position du cavalier

  2. Le point d'équilibre

  3. Les leviers

  4. La transmission de l'impulsion

  5. La répartition du poids

  6. La discipline


Ensuite, en deuxième partie, nous allons discuter des avantages et inconvénients de la monte à cru comparativement avec une selle. Je vous donnerai aussi une liste de points à vérifier dans le choix d'un tapis bareback ou d'une selle avec arçon.

Enfin, en troisième partie, je vous présenterai ma "selle bareback" 🙃🤩


Première partie: Les fondamentaux


1- La position du cavalier


Pour être "léger" à cheval, on sait que le cavalier doit avoir un posture particulièrement stable, afin de se tenir indépendamment de sa monture et d'influencer son équilibre. Il doit aussi acquérir la souplesse de la hanche pour accompagner le mouvement. Hélas, ceci peut prendre des années à maîtriser!


La priorité dans le choix de l’équipement, c’est donc de permettre ou de faciliter cette posture optimale et ce, sans entraver la mobilité ni tenir le cavalier artificiellement en position (ce qui crée forcément des compensations).


En règle générale, on estime que la position est fonctionnelle lorsqu’on peut tracer une ligne droite verticale allant des oreilles aux talons du cavalier, en passant par l'épaule et la hanche. L’angle du fémur est d’environ 45 degrés, mais il peut y avoir des variations selon la morphologie de chaque individu, ou en fonction du gabarit de l’animal (plus il est large, plus la jambe "tombera" en avant).



Par ailleurs, le cavalier doit pouvoir être assis le plus près possible du centre de gravité du cheval, afin de pouvoir l'influencer avec ses leviers (on y reviendra plus loin).



Voici un exemple comment l’équipement peut influencer négativement la position d’un cavalier. Il s'agit ici de la même personne (moi!) sur le même cheval (ma jument nommée Pouliche 🥰) et à quelques jours d'intervalle seulement.



2- Le point d'équilibre



Pour tenir sur un cheval en mouvement avec le moins d'effort possible, le cavalier doit d'abord trouver le "point d'équilibre": il s'agit de l'endroit où son centre de gravité est aligné avec celui du cheval. Notez que cet endroit n'est pas fixe, car il varie en fonction des forces et des charges que subissent les deux corps.


On définit le centre de gravité comme suit:

"Point de concentration des différentes forces qui permet à un corps de se tenir en équilibre"

Chez le cheval en position statique, le centre de gravité se trouve sur la ligne joignant la pointe de l’épaule et la pointe de la hanche, environ sous la 11ème ou 12ème vertèbre thoracique (avant le point d'intersection des lignes reliant les sabots antérieur et postérieur diagonalement opposés).


Centre de gravité du cheval en position statique

Chez l'humain, il se trouve à peu près sous le nombril, ou légèrement en dessous. Il est généralement plus bas chez la femme que chez l'homme. Une bonne façon de comprendre où il se situe, c'est d'imaginer qu'on est fait en carton et qu'on veuille nous accrocher au mur pour servir de tourniquet; c'est là où il faudrait nous épingler pour que ça spin facilement 😜

Un exercice intéressant pour aider le cavalier à aligner et "descendre" son centre de gravité près de celui du cheval, c'est de le longer aux trois allures avec les mains et les jambes libres - même qu'on peut lui demander de bouger les membres (faire des cercles de bras, de genou, de chevilles, etc.)



Par ailleurs, notez que le centre de gravité se déplace en fonction de la position du corps et de la répartition des masses ou des charges:




Ainsi, lorsqu'il y a un déséquilibre (qu'il soit momentané ou permanent), il y a forcément un changement dans le centre de gravité, en compensation. Voici l'exemple d'un cheval qui "tombe" sur l'épaule droite: le cavalier aura la sensation de rouler en voiture avec un flat qui tire tout le poids vers la droite 😜




Ceci peut être le résultat d'une force inégale au niveau de la propulsion, de l'influence des leviers ou encore d'un développement postural/musculaire asymétrique.

Dans ce dernier cas, certains experts vont conseiller d'ajuster la selle en compensant pour les asymétries du cheval, soit en mettant le siège de niveau pour le cavalier malgré tout, afin de donner un cadre de référence et une certaine stabilité. D'autres vont plutôt prôner un équipement qui aura la flexibilité pour s'adapter aux changements en temps réel, ce qui permettra au cavalier de mieux ressentir le déséquilibre et de modifier le travail en conséquence. Ces deux philosophies sont plutôt contradictoires, mais elles ont toutes deux leur raison d'être (nous y reviendrons plus tard).


En résumé, on cherche donc à aligner notre centre de gravité le plus près possible de celui du cheval, afin de stabiliser ou influencer son équilibre avec nos leviers. L'équipement ne doit surtout pas entraver cet alignement, car c'est aussi ce qui permet de rester en harmonie avec le mouvement. C'est souvent problématique lorsque l'épaule du cheval est très large, puisqu'on doit placer la selle derrière la pointe de l'épaule, ou lorsque le siège de la selle est trop grand, ou encore lorsque les taquets ou les quartiers forcent l'ouverture de la hanche au-delà de la capacité naturelle du cavalier.


Ici, on voit l'illustration d'un cavalier positionné au-delà du point d'équilibre (gauche), en harmonie avec le point d'équilibre (centre), et derrière le point d'équilibre (droite):




En terminant, je ne peux m'empêcher de vous partager ce petit vidéo, car cette fillette est l'exemple parfait d'un cavalier qui reste "avec le mouvement" sans avoir besoin de se tenir avec ses membres pour arriver, grâce au point d’équilibre 😂



3- Les leviers



On sait déjà que l'utilisation juste des leviers permet de diminuer la force nécessaire pour tenir, bouger ou lever une charge. Trois éléments entrent en jeu dans le fonctionnement d'un levier:


  • la force motrice (F), qui est l'effort à fournir pour obtenir un mouvement;

  • le pivot (P), qui est le point d'appui

  • la charge (C), ou Force résistante

Or, notre corps est constitué de leviers de toutes sortes (tout comme le corps du cheval d'ailleurs).

La position de ces leviers, ainsi que la longueur des segments de chacun, auront un impact majeur sur l'équilibre et la charge totale des forces qui agissent sur eux.


Quand le cavalier maîtrise efficacement ses leviers physiologiques, il devient plus "léger" à porter pour le cheval, car son poids est mieux réparti sur l'ensemble de son assiette (cuisses et bassin). Ses articulations servent de pivots, lui permettant ainsi d'utiliser l’impulsion du cheval soit pour accompagner, canaliser ou rediriger le mouvement.


C'est pourquoi on dit que l'équitation se joue principalement da la musculature profonde (le fameux core), et non dans la musculature superficielle. En fait, les bras et les jambes se libèrent alors de toute tension, ce qui permet d'utiliser les aides secondaires avec douceur et parcimonie


Les principal levier du cavalier est son tronc, dont il modifie l'angle par l'ouverture/fermeture de la hanche (cette dernière sert de pivot). Pour le cheval, c'est la position de l'encolure et l'engagement des postérieurs qui auront un impact majeur sur l'ensemble de la masse.





Pour découvrir comment vous positionner afin que vos leviers corporels soient efficaces dans votre équitation, je suggère les trois exercices suivants:


  • À l'arrêt, relevez-vous au-dessus du dos du cheval, sans les étriers, comme si vous vouliez faire du trot enlevé. Pour y arriver, vos genoux se placeront automatiquement à un angle favorisant le mouvement de la hanche et la connexion entre le haut et le bas du corps. Les étriers devraient être ajustés à cette longueur pour l'utilisation efficace de vos leviers. Prenez note que votre position optimale change d'un cheval à l'autre, en fonction de son gabarit et de son centre de gravité à lui.


  • Pratiquez le trot enlevé sans étrier le plus souvent possible. Vous découvrirez alors de nouvelles sensations du fait de ne plus "pousser" vers le bas avec vos pieds, comme si vous tentiez de vous agenouiller plutôt que de vous lever, car le genou sert de pivot. Vous ressentirez certainement des courbatures le lendemain 😉!



  • À tout moment, faites "flotter" votre pied au-dessus de l'appui de l'étrier (en relevant la paume du pied par secousses).



Enfin, il est intéressant de noter que les cavaliers les plus légers et harmonieux bougent avec leur cheval, même s'ils paraissent immobiles comme des centaures, de sorte à présenter une ligne parallèle entre l'angle de leur cuisse et l'épaule de l'animal, presque à tout moment.... À méditer!






En conclusion, il est primordial que l'équipement n'entrave pas l'utilisation juste des leviers. Malheureusement, c'est souvent le cas avec les taquets (knee blocks) qui forcent l'ouverture de la hanche au-delà de ce que le corps du cavalier est capable de prendre, ou qui limitent le mouvement des cuisses pour accompagner le cheval. On voit aussi régulièrement des quartiers trop verticaux qui ne sont pas adaptés à la jambe du cavalier ou encore un siège de mauvaise taille:


À gauche: les taquets qui bloquent le cavalier; au centre: les quartiers qui ne sont pas adaptés au fémur; à droite, une selle trop petite

Voici un video qui saura vous convaincre de l'effet des les leviers et la possibilité de réduire une charge. En effet, il est possible de monter en selle depuis le sol, même si la sangle est manquante!!!




4- La transmission de l'impulsion





On dit souvent que le timing est plus efficace que la force en équitation, et c'est vrai. En fait, il s'agit surtout d'une question de momentum, soit cette notion d'utiliser la dynamique de mouvement pour minimiser la force requise. Au final, une grande partie du travail du cavalier consiste simplement à canaliser ou rediriger l'énergie de son cheval!


Pensez à l'image d'un nageur qui travaille avec le courant, en comparaison à un autre qui essaierait de nager à contre-courant...


Il est donc essentiel que l'équipement utilisé n'entrave pas la transmission de l'énergie entre le cavalier et son cheval. On doit pouvoir ressentir et utiliser les rebonds, et en contrepartie on doit pouvoir donner des aides avec le bassin qui ne seront pas diffuses dans un gros "nuage" - on pense ici à une selle qui aurait beaucoup trop épais de padding, ou dont le matériel est très "mou" et absorbant.

Par exemple, je n'aime pas du tout les interfaces qui ont une faible densité mais beaucoup de compression avec le poids (comme certaines mousses mémoire), ni les textures comme le gel ou parfois l'air qui ajoutent un rebond ou amplifient la pression ailleurs que là où on souhaite donner une aide avec l'assiette.



À mon goût, l'interface utilisé entre le cavalier et sa monture doit donc être le plus mince possible, avec une texture dense mais non dure, afin de protéger des points de pression sans toutefois rendre les aides imprécises.



5- La répartition du poids


Malheureusement, il n'y a pas de consensus à savoir vis-à-vis quelle(s) vertèbre(s) le cavalier doit s'asseoir pour minimiser l'impact de son poids sur le dos du cheval.


Certains experts affirment qu'il ne faut absolument pas mettre de poids au-delà de T14 (là où les apophyses changent de direction), alors que d'autres affirment qu'il faut être centré sur T15 ou T16. Dur de savoir réellement quelle est LA bonne science! 🤯


selon les auteurs: cavalier centré avant T14 (gauche), sur T16 (centre), sur T15 (droite)... Qui dit vrai?

Ceci dit, la plupart sont d'accord à ce que le poids du cavalier doit être réparti sur la plus large surface possible, sans toutefois dépasser T18.



À mon humble avis, le dos du cheval n'est tout simplement pas conçu pour porter une charge, alors on doit compenser cette faiblesse par l'entrainement. Aussi, plus on recherche le point d'équilibre, et plus on utilise nos leviers efficacement comme cavalier, mieux on arrive à diminuer l'impact négatif de notre poids sur son dos...


Enfin, il existe maintenant toutes sortes de technologies permettant de mesurer les points de friction ou de pression excessive sur le dos du cheval. La plupart des selliers auront des images convaincantes à vous montrer, comme quoi leur produit a été testé et paraît supérieur à un autre.... Mais comme on l'a vu plus haut, le choix d'une selle demeure très personnel, et le cheval a ses préférences, lui aussi. Il vaux mieux se faire sa propre opinion!



Par ailleurs, on a longtemps affirmé qu'une selle bien ajustée était supérieure à la monte à cru en termes de distribution du poids (voir cette étude), mais cette affirmation a été contredite par une vétérinaire américaine après avoir fait de nombreux essais à l'aide d'un tapis numérique:

En effet, Dr. Joyce Harman a constaté qu’il y avait une meilleure diffusion de la pression lors de la monte à cru, étant donné que les cuisses du cavalier sont une interface mobile, contrairement à un arçon rigide qui cause forcément une friction quelque part. Vous pouvez lire un bref résumé des résultats ici. Je crois cependant qu’il y a une question d’aptitude et de niveau du cavalier sous-jacente à ce constat... Mais toujours est-il que la monte à cru n’est pas automatiquement moins confortable ou plus dommageable pour le dos du cheval!

En outre, il a été démontré que les selles avec arçon distribuaient mieux la pression que les selles sans arçon (celles disponibles sur le marché en 2012). Vous pouvez voir les résultats de l'étude ici.


6- La discipline


On entend souvent qu'il faut une selle appropriée à la discipline que l'on pratique, puisque la coupe et la forme sont propices au travail particulier qu'on fait avec le cheval. Par exemple, les selles de saut ont des quartiers courts et arrondis, un siège plat dont point d'équilibre est davantage vers l'arrière, ainsi que les étrivières placées vers l'avant, tout ça pour accommoder une longueur d'étrier plus courte. En contrepartie, les selles de dressage ont un siège plus creux et encadrant, des étrivières en retrait et des taquets pour aider à descendre le genou:


Or, de mon expérience, je ne suis pas convaincue que ceci soit réellement nécessaire ou même bénéfique. En effet, si on réfère aux points mentionnés plus haut, la forme de la selle doit d'abord être adaptée à la morphologie du cavalier et à celle du cheval, ce qui est déjà un gros défi, puisque chacun a ses leviers physiologiques uniques. Donc mis à part les caractéristiques pour le look (comme la couleur, la présence ou non d'un pommeau et la longueur des quartiers), je crois que la selle doit simplement être le reflet du couple cavalier/cheval!


🔆 Résumé de la première partie


Pour développer les aptitudes du cavalier, on misera d'abord sur la recherche du point d'équilibre, en développant le ressenti du centre de gravité et des forces qui agissent sur lui. C'est simplement d'une question de technique, d'alignement des leviers et de direction de l'énergie (timing + momentum). Ceci permet non seulement de réduire la charge sur le dos de l'animal, mais facilite également la locomotion.


Cependant, pour y arriver, il est impératif que la selle permette au cavalier de s'asseoir le plus près possible du centre de gravité du cheval, sinon c'est une bataille constante pour rester "avec le mouvement". Par ailleurs, la forme doit faciliter une position optimale dans laquelle les leviers physiologiques peuvent fonctionner, sinon des compensations seront inévitables. Enfin, les panneaux et le siège doivent transmettre l'impulsion sans trop absorber l'impact ni créer de rebond inutile, afin que l'énergie puisse être communiquée entre le cavalier et sa monture. En outre, l’équipement doit être bien ajusté dans le but de réduire les points de friction ou de pression excessifs, tout en distribuant le poids du cavalier sur la surface la plus large possible, sans toutefois dépasser la 18e vertèbre thoracique.



2e partie: En selle ou bareback?



Étant donné qu’il n’est pas simple de devenir un excellent cavalier, et que le dos du cheval n’est pas conçu pour porter des charges pendant très longtemps, la selle a été inventée afin de pallier aux difficultés et aux impacts négatifs de l’équitation (tant pour l’humain que pour sa monture). Par contre, une selle mal adaptée peut causer plus de tort que de bien. La question n’est donc pas de savoir s’il est mieux de monter avec ou sans selle, mais plutôt de connaître les avantages et inconvénients de chacun des styles, ainsi que le caractéristiques à vérifier afin de faire un choix approprié à notre situation.


La selle avec arçon

Avantages:


Grâce à sa structure rigide et à sa forme, la selle peut aider le cavalier à se positionner de façon optimale. Cet encadrement offre un support tout en palliant aux erreurs et aux pertes d’équilibre, puisque l’arçon diffuse la pression de façon plus uniforme et sur une surface plus large du dos du cheval. Il est aussi possible de mettre du poids dans les étriers de façon sécuritaire étant donné la solidité. Ceci peut être avantageux pour un cavalier débutant, ou pour un cavalier confirmé qui débourre un jeune cheval, entre autres. Enfin, lorsque la selle est bien ajustée, elle augmente le confort et permet de travailler plus longtemps ce qui, en retour, contribue à optimiser les performances (peu importe le niveau équestre).


Désavantages:


Bien que l’arçon puisse aider le cavalier à se tenir correctement, il est très fréquent que sa position soit « forcée » par la selle, à un moment où il n’est pas encore prêt pour cet alignement. Ceci génère des compensations ou des tensions qui entravent l’équilibre naturel et empêchent les leviers physiologiques de fonctionner.


De plus, une selle qui se conforme bien au dos du cheval ne sera pas toujours appropriée pour la morphologie du cavalier, et vice-versa. Il peut donc être difficile de trouver l’interface parfaite qui convienne aux deux.


Par ailleurs, la selle peut éloigner le cavalier du centre de gravité du cheval (par exemple si les panneaux sont très épais, si le siège est trop grand ou si le cheval a une épaule très grosse).


Enfin, une selle mal ajustée peut causer beaucoup de douleurs, voire même une perte musculaire chez le cheval, par exemple si l’arçon n’a pas à la bonne taille/forme, ou si les panneaux ne sont pas ajustés régulièrement aux changements de musculature. Étant donné que c'est une structure rigide sur un corps en mouvement, il y forcément des points de friction quelque part. Ceci peut générer des compensations pour éviter la douleur (soit que le cheval va se tordre ou limiter son amplitude de mouvement). Les visites fréquentes d’un expert en ajustement sont donc requises.


Certains chevaux vont montrer clairement leur inconfort (par exemple vont essayer de fuir au moment de mettre la selle ou au montoir, vont plaquer les oreilles au sanglage ou tenter de mordre, ou vont présenter des problèmes à l'entraînement), alors que d'autres seront plus tolérants mais auront des tensions physiques palpables. Pour reconnaître les signes d'une selle mal adaptée, voici un bon article:

https://www.agrireseau.net/cheval/documents/Selle%20-%203e%20partie%20-%20dépôt%2006.05.2008.pdf


Attention: si vous voyez des poils blancs apparaitre sous la selle, ou des boursouflures, il y a presque assurément un problème avec votre équipement...



La monte à cru (bareback)


Avantages:


Puisque la monte à cru n’offre aucun support artificiel, le cavalier doit absolument trouver le point d’équilibre pour éviter de tomber. Il n'a donc pas d'autre choix que d’apprendre à utiliser son core et faire fonctionner ses leviers! De plus, l'absence de matériel ou d'interface entre lui et le cheval donne la possibilité de se rapprocher davantage du centre de gravité du cheval.


L’autre avantage de la monte à cru, c’est que le cavalier ne peut pas tolérer autant de déséquilibre de sa monture, car c’est trop instable. Il devient donc plus sensible à l’idée de travailler dans une biomécanique juste. Il peut d'ailleurs mieux ressentir les pertes d'équilibre subtiles grâce à la proximité du dos du cheval.


Enfin, la monte à cru, c’est économique! Pas besoin d’équipement dispendieux, pas besoin de temps pour seller ou entretenir des cuirs. Juste besoin d’un cheval! 😜


Désavantages:


Dans l’apprentissage de la monte à cru, il plus fréquent de tomber, puisqu’il n’y aucun encadrement ni filet de sécurité (étriers). Par contre, un tapis de monte à cru peut aider à limiter cet effet, surtout s'il est recouvert de matériel adhérent (suède ou autre).


Par ailleurs, le poids du cavalier n’est pas aussi bien réparti sur l’ensemble du dos du cheval, contrairement avec la selle, ce qui peut engendrer des points de pression (donc de l’inconfort), surtout si le cavalier est peu expérimenté. Ceci dit, comme mentionné plus haut, une vétérinaire américaine contredit cette théorie après avoir mesuré la pression sur le dos du cheval à l’aide d’un tapis numérique. Je crois cependant qu’il y a une question d’aptitude et de niveau du cavalier sous-jacente à ce résultat... Mais toujours est-il que la monte à cru n’est pas automatiquement moins confortable pour le cheval!


Enfin, il peut être salissant de monter à cru, surtout si votre cheval vit dehors comme les miens!😝


Un mot sur les selles sans arçon


Bien qu’une selle sans arçon semble un compromis idéal (pour le confort du cheval et le soutien au cavalier), de mon expérience, ça reste un "compromis": on n’obtient ni la stabilité de de la selle avec arçon, ni la distribution du poids grâce à la structure rigide, ni la proximité du dos du cheval, ni la liberté de mouvement comparable à la monte à cru. De plus, la plupart des selles sans arçon que j’ai testées sont beaucoup trop épaisses et matelassées à mon goût, ce qui empêche de bien transmettre l’impulsion du cheval et d’utiliser le momentum. Je trouve aussi que ça rend les aides de l’assiette imprécises.



La seule selle sans arçon que j’ai aimée c’est la Ansur, mais elle est hyper dispendieuse et la coupe au niveau du garrot est très basse. Elle convient bien à un cheval qui n'a pas un très gros garrot, mais sinon il faut mettre du padding dessous, ce qui élimine tous les bienfaits. À ce jour, je n’ai toujours pas trouvé de produit sur le marché des selles sans arçon qui qualifie de "compromis idéal" à mon goût (c’est pourquoi j’ai créé une “selle bareback” dont on parlera plus loin!).


Comment évaluer un tapis bareback


1- Forme


Idéalement, la forme du tapis suivra la courbe du dos du cheval


2- Contre-sanglons


Mieux vaut éviter un contre sanglon placé trop en avant, ce qui cause un glissement du tapis vers l'arrière.



Par ailleurs, on préfère toujours une distribution de la pression sur une surface plus large possible, donc les tapis avec un sanglage en V (type dressage) sont à privilégier contrairement au sanglage unique.